Traduit de l’anglais par Dominique Hollier
L’Arche est éditeur et agent théâtral du texte représenté. www.arche-editeur.com




Un homme abandonne son fils à l’assistance publique et s’en fait créer un nouveau à partir des mêmes gènes mais ignore que le clonage effectué par un scientifique malhonnête ne se limitera pas à un seul exemplaire ! Trente-cinq ans plus tard, ce père de famille peu ordinaire évalue les conséquences d’une situation qui lui a échappé. Comment vont réagir ces êtres qui se ressemblent trait pour trait, lorsqu’ils se rencontreront ? Ne plus se sentir unique pourrait-il leur faire perdre un peu, ou même beaucoup, de leur identité, de leur originalité, voire de leur dignité ?

Copies fut consacrée meilleure pièce de l’année 2002 par The Evening Standard Award à Londres

Mise en scène : Monique Hervouët
Interprétation (2 comédiens) :
Le père : Didier Royant
Ses fils Bernard 1, Bernard 2, Michael : Aurélien Tourte
Scénographie et costumes : Emilie Lemoine
Lumières et régie générale : Yohann Olivier
Création son : Jean-Christophe Guillemet
Système clonages : Guillaume Cousin
Construction mobilier : Gaëtane, mobilier & textile
Construction décor : Atelier du Grand T
Enregistrement et arrangements piano : Hugues Pluviôse

AVEC LE SOUTIEN DU GRAND T THEATRE DE LOIRE- ATLANTIQUE
Aides à la création : Région Pays de la Loire, Département Loire-Atlantique, Ville de Nantes, la Spedidam. Compagnie conventionnée et soutenue par l'Etat - préfet de la Région Pays de la Loire – DRAC.

Avec l'appui du THV de Saint-Barthélémy d'Anjou, Le Théâtre Paul Scarron / Scène conventionnée pour les écritures contemporaines du Mans, de Villages en scène, de la ville de Bouguenais, La Halle aux grains - scène nationale de Bois, Théâtre de Cornouaille - scène nationale de Quimper.

Création : juillet 2013. Avignon Grenier à Sel (programmation de la Région des Pays de la Loire)

Durée du spectacle : 1h10

Diffusion « COPIES » saison 2013/14


AVIGNON (84), Festival OFF - Grenier à Sel : Du 7 au 27 juillet à 15h20 (relâche le 18 juillet)
BOUGUENAIS (44), Piano'cktail : 26 novembre
SAINT BARTHELEMY D'ANJOU (49), THV : 6 décembre
CHALONNES-SUR-LOIRE (49), Villages en scène : 17 janvier
LE MANS (72), Théâtre Paul Scarron / Scène conventionnée : 5, 6, 7 février
BLOIS (41), La Halle aux Grains / Scène nationale : 11, 12 février
QUIMPER (29), Théâtre de Cornouaille / Scène nationale :18 février


j’aurais pu en avoir un autre, un nouveau
un enfant complètement différent
c’est ce que font la plupart des gens
mais moi c’est toi que je voulais de nouveau
parce que je trouvais qu’il n’y avait pas mieux *


Il était une fois… dans cinquante ans, environ.
Salter a abandonné son enfant à l’Assistance Publique. Délibérément.
Femme suicidée, alcool, drogue. Pas doué pour la vie.
Incapable de construire un espace d’attention minimum pour ce petit qui criait toute la nuit sa rage de n’être pas désiré.
Fils de la poisse. Père à la Ken Loach.

Salter a capitulé devant le mal-parti, le mal-né, et s’en ait fait fabriquer un autre, à l’identique, pour recommencer.
Le clone, chouchouté comme l’enfant unique de la nouvelle chance, devient adulte dans la certitude d’être seul.

Caryl Churchill nous fait voyeurs de la révélation.
La vérité qui éclate dépasse largement le cadre familial conventionnel.
Inconséquence d’un savant fou à l’éprouvette prolifique : les clones du fils premier sont en fait une vingtaine.
Tous du même âge : la trentaine.
Tous identiques, mais pas pareils.

Malgré la multiplication, Salter surfe sur son absence de scrupules comme il peut.
Foin de la bioéthique, on pourrait même en rire !…
Inconcevable, cet homme est sympathique !

Le drame viendra de l’original : le fils premier entendant « corriger » la copie, fera basculer le texte dans l’insoutenable angoisse de la confusion identitaire, rappelant que l’enjeu vital de la vie psychique, c’est la différence.

Il paraît que si on se rencontre soi-même, on meurt. *



Refaire sa vie (la mienne, la sienne)

Comme on « refait sa vie » pour effacer l’échec d’une relation et prendre, avant qu’il ne soit trop tard, ce qu’on estime être sa part légitime de droit au bonheur, Salter jette son brouillon de premier fils pour repartir à zéro, dans l’illusion clonée d’effacer le temps et la responsabilité.
Caryl Churchill nous projette dans un futur où le droit à l’enfant réussi, à l’enfant «chose» qu’on ferait pour soi n’est plus une aspiration secrète, mais un acquis légitime. Plus encore que l’éprouvette du savant fou « copieur » sans éthique, c’est cette inquiétante conception de la paternité que l’on souhaiterait voir classée au rayon «science-fiction».
Cet extravagant thriller psychologique, hésitant entre suspense et comique, nous renvoie à l’ordinaire et constant tumulte sous-jacent du rapport père-fils.
Dans le contexte actuel de fragilisation familiale, la responsabilité parentale est souvent marquée par l’exigence de la perfection. Fantasme de la prolongation de soi (en mieux), l’enfant programmé est réifié et devient une étape dans la carrière personnelle de la vie.

Un parent peut abandonner son enfant mais un enfant ne peut abandonner son parent

Une trentaine d’années plus tard, le temps de la pièce est celui des éclaircissements. Fils maudit et clone chéri (Bernard 1 et Bernard 2) viennent l’un et l’autre demander des comptes à l’autorité paternelle.
Salter s’embrouille, mais ses « contes » ne résisteront pas au grotesque d’une vérité scientifique qui lui a échappé. Il lui faudra même inventer in fine un rapport inédit avec l’un des descendants de la prolifique éprouvette (Michaël).
Reproduction sexuée ou pas, les gènes réclament un jour ou l’autre traçabilité. Au-delà du dépistage amusé des traits de l’hérédité, il s’agit pour chacun d’entre nous de savoir pourquoi on est là plutôt que pas là. Avoir accès à notre genèse personnelle pour définitivement faire avec. Ou pas.
Revers implacable à la prise de pouvoir sur le corps de l’autre : Salter doit répondre. Comme dans les tragédies, comme dans les mélodrames ou les vaudevilles, Il semble d’ailleurs que Caryl Churchill ait habilement tricoté en lui ces trois tonalités : patrimoine génétique du théâtre occidental.

Théâtre des clones

L’acteur se fera clone, c’est-à-dire qu’il créera un être humain à partir de la totalité de son matériel vivant déjà conçu.
Le texte de Caryl Churchill offre au théâtre un réjouissant vertige.
Un comédien pour 3 personnages-fils face au père. Tous semblables et tous différents. Car si la génétique façonne l’enveloppe et peut réaliser des copies, l’auteure souligne combien l’environnement social, éducatif, culturel conditionne l’unicité.
La complicité avec un artiste vidéaste permettra à la mise en scène de renforcer le trouble de la multiplication, offrant un cadre « fantastique » au face à face père/fils.
Si le langage situe l’action dans un milieu populaire, il n’a rien de naturaliste. Travaillée en phrases fracassées contre le non-dit et le mensonge, dans l’indigence du familial, la langue de Caryl Churchill est savante. Une partition très construite entre apnées, suspensions, et logorrhées participe à l’humanité toute contemporaine de ce canevas futuriste.
Monique Hervouët, septembre 12

* citations du texte « Copies »





Caryl Churchill


Depuis plus de trente ans, Caryl Churchill allie engagement social et expérimentation théâtrale.

Née en 1938, à Londres.
Vit à Londres
3 fils : Joe, Paul, Rick

Caryl Churchill offre au spectateur une œuvre complexe et riche tant sur le plan idéologique que dramaturgique. Jusque dans les années 1990, son travail se place dans le sillage du théâtre féministe, en montrant la schizophrénie de la femme moderne (avec le conflit mère-femme) ou encore la situation économique qui est la sienne dans la société. Caryl Churchill évite toujours le naturalisme : les thèmes réalistes lui fournissent l’occasion d’une expérimentation théâtrale qui va de la farce provocante, au théâtre fragmentaire, ou recourant à la parabole, dans la logique des dramaturges post-brechtiens.

Textes traduits en français :
Top girls, Septième ciel, Copies, C’est un état de siège (L’Arche Editeur)
Far away (Actes-Sud)


« Caryl Churchill n’a jamais cessé de remettre en question le langage du théâtre aussi bien que le rôle du théâtre. Cela la place dans la position unique d’une grande innovatrice. Elle n’est liée ni par le dogmatisme politique, ni par le conformisme théâtral. Son intérêt pour la forme théâtrale est lié au pouvoir politique du théâtre. Elle a toujours cherché de nouvelles formes pour rencontrer les nouvelles réalités politiques. »
Stephen Daldry, réalisateur et directeur associé au Royal Court de Londres




crédit photo / Emmanuel Ligner


DANS LA PRESSE DERNIEREMENT:


Le Telegramme - 22 février 2014

Les Trois Coups.com - 9 février 2014



Ouest-France - 26 novembre 2013



La Terrasse / Avignon en Scène(s) - Juillet 2013



Presse Océan - 8 Juillet 2013

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